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Fizi-Baraka : Après qu'un enseignant ait été grièvement blessé par balle, les défenseurs des droits humains tirent la sonnette d’alarme

Dans la soirée de mercredi, aux environs de 20 heures, la ville de Baraka a de nouveau été secouée par une attaque armée visant un civil. Simwembwe Mauridi Jean de Dieu, enseignant à l’école primaire Bwiseelelo, a été grièvement blessé par balle lors d’un braquage survenu non loin du complexe scolaire La Plamédie.

Selon des témoignages concordants, la victime regagnait son domicile après une sortie en début de soirée lorsqu’elle a été prise pour cible par des hommes armés. D’après son épouse, Eliza, l’attaque s’est produite brusquement, plongeant la famille et le voisinage dans la stupeur. Tentant, selon certaines sources, de résister à une tentative de vol de son téléphone, l’enseignant a été atteint par des tirs à bout portant à la jambe.

Au-delà de l’émotion suscitée par ce drame, l’incident ravive les préoccupations croissantes sur la sécurité des civils dans cette partie du territoire de Fizi.

Dans une réaction ferme, la Fondation Michael Sharp Jesse (FOMIS), organisation engagée dans la défense des droits humains au Sud-Kivu, dénonce une recrudescence alarmante des violences attribuées à des hommes armés.

Pour l’expert en droits humains, co-fondateur et président du conseil d’administration de la FOMIS, Moïse Butimbushi, cet acte dépasse le cadre d’un simple fait divers. Il constitue, selon lui, « une violation flagrante du droit à la vie, à la sécurité et à l’intégrité physique », des droits pourtant garantis par la Constitution de la République démocratique du Congo ainsi que par plusieurs instruments juridiques internationaux, dont le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

« Dans la soirée du 15 avril 2026, aux environs de 20 heures, un enseignant de l’école primaire Bwiselelo, Monsieur SIMWEMBWE Jean de Dieu, a été victime d’un braquage violent non loin du complexe scolaire Plamedi. Tentant de résister à l’agression visant à lui ravir son téléphone, il a été atteint par des tirs à bout portant à la jambe. Cet acte constitue une violation flagrante du droit à la vie, à la sécurité et à l’intégrité physique », a-t-il déclaré, dénonçant une situation de plus en plus préoccupante à Baraka.

Face à cette situation, la FOMIS appelle les autorités civiles et militaires à agir sans délai pour garantir la protection des populations et de leurs biens. L’organisation insiste également sur la nécessité de mettre fin à l’impunité dont bénéficient les auteurs de ces actes.

Dans une ville où la peur semble progressivement s’installer, cet énième épisode de violence renforce le sentiment d’abandon chez de nombreux habitants. Entre indignation et inquiétude, la population de Baraka attend désormais des réponses concrètes des autorités, alors que les attaques contre les civils continuent de se multiplier.

Alvin Buzaki

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